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Prix Nobel 2015

par Hans-Martin Hirt

Félicitation pour le prix Nobel

A tous les amis d‘anamed

  1. Félicitations pour le prix Nobel: „Action Médecine naturelle dans les tropiques“, c’est à dire „anamed“, a contribué à ce que des milliers de personnes dans les zones tropicales n’ont pas été atteintes de paludisme ou ont été guéries / sauvées du paludisme. Un de nos collaborateurs africains a même reçu un „prix d’excellence“ de la part de l’OMS pour son travail de recherche, et une collaboratrice allemande d’anamed à reçu, avec le soutien des autorités du Land Baden-Würtemberg, la Croix fédérale allemande du mérite pour son travail au Burundi. Des scientifiques du monde entier confirment l’impact de notre travail ou essaient encore de nous discréditer. Notre travail vient de vivre un temps fort, car Artemisia annua n’a pas été „inventé“ par anamed: Nous devons en fait remercier madame Tu Youyou pour l’avoir redécouvert, et c’est pour ce travail qu’elle a reçu le prix Nobel de médecine. Félicitations donc à madame Tu Youyou….ainsi qu’à tous les collaborateurs d’anamed dans les pays touchés par le paludisme pour leur travail si important et si décrié!!
  2. Premier petit rappel: La Chine et l‘OMS
    Au plus fort de la guerre du Vietnam, les belligérants constatent qu’ils perdent beaucoup plus de soldat à cause du paludisme que suite aux balles de l’adversaire. Consternés par cette situation Ho Chi Minh et Mao Zedong se rapprochent en 1967 de „leurs“ professeurs (jusqu’à ce jour méprisés) et leur demandent de trouver au plus vite un médicament contre le paludisme qui n’ait pas d’effet secondaire et ne développe pas de résistance. En 1968, la professeur Youyou découvre la plante Artemisia annua. Les soldats se mettent à mastiquer les feuilles d’Artemisia annua, ce qui va les protéger contre le paludisme et amener à ce que la guerre du Vietnam soit gagnée par l’Asie. Dans la nouvelle édition de la pharmacopée chinoise de 1985, la plante Artemisia annua est introduite en tant que thé contre la fièvre et le paludisme (dose de 5 à 9 grammes). L’OMS quant à elle reste sourde et aveugle à cette nouvelle thérapie. Evidemment, comme on ne peut pas devenir riche en vendant ce thé, en 1972 une des 10 molécules contenues dans l’Artemisia annua qui sont efficaces contre le paludisme (l’artémisinine) est isolée et brevetée en tant que médicament contre le paludisme. S’écoulent alors 32 (!!!) ans avant que l’OMS recommande en 2004 la thérapie á base d’artémisinine dans le traitement du paludisme. Mais en 2006, les premiers signes de résistance de cette monothérapie sont signalés, ce qui amène l’OMS à retirer sa recommandation et à recommander une thérapie combinant l’artémisinine et un antibiotique. Le fait que l’OMS ne recommande au début que le produit d’une entreprise suisse (Novartis, pour le Coartem) déclenche dans le monde entier une vague de protestation et de manifestation (par exemple de la part de „Médecins sans frontières“). Le développement d’une résistance à ce traitement combiné considéré comme la dernière arme de l‘humanité pour lutter contre le paludisme, inquiète fortement la communauté internationale.
  3. Deuxième petit rappel : anamed et le Baden-Württemberg
    Le groupe d‘action „anamed“ a été créé par mes collègues africains et moi-même le 25.1.1986 à Matamba-Solo, un village du Zaïre et s’est ensuite développé dans le monde entier après la fin de mon travail de volontaire et mon retour en Allemagne en 1991. Le fort intérêt porté à „l’aide pour l’auto-promotion“ justement dans le secteur pharmaceutique nous a amené à collaborer avec d’innombrables organisations caritatives et des universités. Ce n’est qu’en 1996 que nous avons pris connaissance d’un nouveau médicament contre le paludisme en Ouganda „l’Artesunate“ (artémisinine soluble à l’eau). J’ai alors tout de suite essayé d’obtenir cette plante, afin de pouvoir distribuer gratuitement un thé au lieu des comprimés vendus à cette époque au prix de 20 USD, alors qu’un travailleur ne gagnait qu’un dollar par jour de travail, ce qui faisait que seule la classe riche avait accès à ce médicament. J’ai demandé alors l’assistance scientifique de l’OMS : la réponse fut qu’il était complètement irresponsable d’utiliser une plante médicinale contre des maladies tropicales mortelles puisque les taux des composantes médicinales varient fortement d’une plante à l’autre. Il est vrai que la forme sauvage d’Artemisia annua avait des taux différents d’une plante à l’autre. C’est pour cette raison, que j’étais reconnaissant d’avoir pu avoir accès à une variété sélectionnée d’Artemisia annua A-3 (sans manipulation génétique) à partir de laquelle on pouvait obtenir la même forte concentration d’artémisinine. Nous commençâmes alors à distribuer ces graines dans le monde entier en demandant aux groupes anamed de nous faire parvenir leurs résultats. Cette plante s’avéra être très efficace contre le paludisme, non seulement en tant que prophylaxie mais également pour son traitement, ce qui était un nouveau jalon dans l’histoire tropicale, et qui reste pour certains médecins conventionnels incroyable. Afin de donner une base plus « scientifique » à cette discussion, l’Université de Tübingen organisa le 22.7.99 une conférence de presse en invitant 2 télévisions, 3 radios et 11 représentants d’autres média. Du fait du vif débat suscité ensuite par les potentialités de A-3 2 collaborateurs anamed et moi-même furent invités en tant qu’orateurs par le Ministre de la santé du Baden-Württemberg, le Dr. Friedhelm Repnik, à une conférence sur le thème: “Médecine naturelle : une chance pour les systèmes de santé et l’accès aux soins dans les pays en voie de développement“. Elle fut organisée le 11.2.2000 chez DIFÄM à Tübingen et réunit plus de 100 personnes, venant notamment du secteur de la santé.
  4. Les raisons de notre travail: Considérons:
    Une réduction de la fréquence du risque d’apparition du paludisme de 20% en Afrique représente un gain économique comparable au montant total de l’aide au développement pour l’Afrique (estimé à 20 Milliard USD par an)! Ou bien: si nous parvenions à prouver que le thé Artemisia soigne dans 80% des cas, alors cette plante qui ne coûte pratiquement rien pourrait dégager un gain économique 4 fois plus important que l’ensemble de l’aide au développement pour l’Afrique! La chaine ARTE témoigne avec engouement sur cette plante " paludisme: victoire en vue " et le journal Süddeutsche Zeitung écrit « la plante qui peut sauver l’Afrique ». Nous disons simplement: oui la victoire est proche – pas dans le sens de l’élimination de l’ennemi mais dans le sens d’un meilleur contrôle. L’humanité ne pourra pas éliminer le paludisme mais le paludisme ne doit plus menacer de détruire l'humanité. Notre vision est que le paludisme peut être traité et qu’il doit continuer à pouvoir être traité dans le futur et que cette thérapie doit être accessible aux plus pauvres pour les milliers d’années à venir!
    C’est pour cette raison que nous avons développé des lignes directrices: Utilisation des feuilles d’Artemisia en tant que poudre pouvant être ingurgitée, en tant que thé à boire, ou en tant qu’extrait liquide (lavement) en cas de perte de conscience. Et là où cette plante médicinale pourrait ne pas être suffisante, nous proposons également des méthodes pour combiner cette plante avec d’autres médicaments génériques ou non brevetés et donc bon marché comme les soi-disant « antipaludéens chimiques » de type Amodiaquin etc. ; par exemple pour une personne atteinte du SIDA ou pour les enfants de moins de 5 ans. Un état africain peut ainsi construire un front contre la menace de l’augmentation du paludisme et ce de manière efficace, à faible coût et sans devoir mendier auprès de monsieur Bill Gates. L’université de Tübingen/RFA a montré que des taux sanguins efficaces pouvaient être atteints: des volontaires ont bu un thé constitué de 9 g de feuilles séchés d’Artemisia annua. Le taux sanguin relevé était de 240 nano-grammes d‘artémisinine par ml; ce qui est 26 fois plus important que le taux nécessaire permettant d’empêcher la multiplication in vitro du Plasmodium falciparum. Cela explique pourquoi notre plante A-3 est efficace dans le traitement comme dans la prophylaxie du paludisme; et pourquoi grâce à la combinaison de 10 substances actives dans cette plante, il n’existe jusqu’à présent aucun signe de développement de résistance à l’A-3.
  5. Résultats et impact de notre travail:
    La fondation Ba-Wü a soutenu notre projet le 7.2.2006 : „Plantes médicinales contre le paludisme à Adi/Congo et Musoma/ Tanzanie“. Prof. Fleischer, chef du service de médecine tropicale à Missio, s’est laissé photographié avec notre plante lors de son départ à la retraite (Mainpost 30.9.04:“Dans le vert: Prof Klaus Fleischer et l’Artemisia annua, la plante médicinale contre le paludisme“). Notre collaboratrice anamed, madame Hannelore Klabes a obtenu le 10.11.2010 la Croix fédérale allemande du mérite pour son travail au Burundi! Le Secrétaire d’Etat à la culture, Georg Wacker, motiva cette décision ainsi „en tant que multiplicateur Klabes s’est engagée depuis 2004 pour l’introduction et la dissémination de Artemisia annua contre le paludisme“. Nous avons en collaboration avec nos partenaires mis en place 1800 jardins médicinaux produisant A-3. De très nombreux témoignages nous parviennent sur l’efficacité de cette plante contre le paludisme ainsi que contre un grand nombre d’autres maladies. Cela devrait être facile à croire puisque l’industrie pharmaceutique elle-même a breveté l‘artémisinine contre plusieurs maladies (SIDA, cancer, Borréliose, ...) Il y a donc encore beaucoup de recherche à faire, et il y a assez de travail pour des milliers de collaborateurs anamed !!!

En ce sens je vous souhaite la bénédiction du seigneur, votre Hans-Martin Hirt

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